Sans titre 4

 

Comme une traînée de sang qui coagule lentement sur le parvis de la maison. Je n'avais pas l'impression que ma chaussure pouvait coller autant. L'empreinte au soleil comme un marquage à chaud. Il n'y avait pas d'odeur et j'entendais au loin ce poste de radio qui sulfurait l'air ambiant. C'était un peu comme une promenade du dimanche, ensoleillée, avec toute la famille accrochée à ma mère. Quelle tristesse me traversait dans ces moments-là, comment expliquer cette envie de s’enivrer de façon brutale. Je ne me suis jamais autorisé cette parenthèse familiale qui pourtant, aurait sans nul doute clarifiée les choses pour plus tard. On ne sait jamais ce qui nous attend en fait. On ne se doute pas que les choses pourraient tourner de cette manière. C'est juste un écart solitaire. Pourtant, tout nous raccroche à cette fameuse journée. J'avais dans ma poche un mouchoir et je m'amusais avec ma main droite, la sensation entre mes doigts était des plus agréable. Comment aurai-je pu penser à ce moment là que mon enfance brève était en train de se jouer, face à tout le monde.

Ce subtil passage qui nous entraîne vers l'avant comme une chute sensible dans l'émoi de l'être.